ActuPlume n°4 : juin 2018

Retrouvez sur cette page les articles de L'@ctuPlume de juin 2018 dans leur intégralité.


L'intérêt pédagogique des
jardins suivant les publics.

  • La plume a rencontré trois acteurs en Île-de-France qui impulsent des dynamiques variés autour de l'éducation à l'environnement dans les jardins et pour des publics variés.
    Ils nous racontent en quoi le jardin est un bon support pédagogique et nous expliquent plusieurs démarches misent en place.




    La Plume : Pouvez-vous rapidement présenter votre structure ?

    William Roux : Le jardin de la Maison de l’environnement de Grand Paris Sud (nouveau territoire à cheval sur l’Essonne et la Seine-et-Marne) est ouvert au grand public tous les après-midis (sauf le lundi mais attention des changements sont prévus prochainement). Je suis éducateur à l’environnement et membre de la commission jardin du GRAINE.
    Florian Cazimajou : La Ferme d’Ecancourt est une association d’éducation à l’environnement et une ferme pédagogique qui développe des projets autour de l’agriculture, du jardinage et de la nature sauvage depuis 35 ans. Je suis responsable technique du lieu.

    Laurent Berton et Loic Le Noan :
    Depuis 2007, l’association Ville en Herbes favorisent l’accès à la nature pour tous par le jardinage biologique et l’éducation à l’environnement.

    La Plume : A quels types de publics s'adressent vos actions autour du jardin ? 


    WR : Le profil des visiteurs est très varié : grands-parents et petits enfants attirés par les animaux de la ferme, jardiniers amateurs ou promeneurs. Ils apprécient beaucoup le jardin où ils peuvent faire de nombreuses découvertes «écolos» grâce aux installations pédagogiques et leur signalétique : un rucher, une mare avec une vitre d’observation, un potager rempli d’informations sur la permaculture mais aussi des toilettes sèches, des récupérateurs d’eau, une chaudière bois et peuvent récupérer du fumier pour leur jardin.



    FC : Nos actions autour du jardin s’adressent à tous les publics : les enfants en activités pédagogiques, mais aussi les personnes en immersion et en apprentissage. Le lieu est aussi ouvert au public : on y trouve un jardin sauvage, un jardin des sens et un potager médiéval, ce qui fait aussi un cadre idéal pour des promenades.
    Le jardin est un bon support pédagogique car c’est un support concret, qui permet une pratique réelle et qui encourage les
    participants à interagir avec l’environnement, sur le même principe que l’éco-pâturage.
    LB et LLN : Aux publics sans accès évident à la nature : résidents de maison de retraite, personnes incarcérées... Dans les maisons d’arrêt, nous avons 3 projets depuis 6 ans : à Villepinte, l’objectif principal est d’offrir aux participants une respiration et se recentrer au travers des activité gratifiantes au jardin. Avec le personnel de l’hôpital pénitentiaire de Fresnes, nous animons un jardin à visée thérapeutique. Enfin, depuis 2 ans à Nanterre, nous assurons des ateliers pré-qualifiants de maraîchage et espaces verts avec un objectif de réinsertion socio-professionnelle. Dans tous les cas, les détenus sont volontaires et sélectio
    nnés par l’administration pénitentiaire.

    La Plume : Racontez-nous la dernière action emblématique réalisée autour du jardin ?



    WR : J'aime échanger avec les visiteurs mais aussi qu'ils se sentent bien dans le jardin, qu'ils viennent pour découvrir, jouer ou se reposer. Actuellement l'équipe réfléchit à mettre en place des visites thémathiques autonomes associant le jardin et la Maison de l'environnement. Je propose aussi de la sensibilisation "hors les haies", j'accompagne des projets "jardin" dans les écoles mais aussi des jardins partagés à Verts Saint Denis. En mars, à l'occasion du Printemps des jardiniers à Savigny le Temple, le thème des fruits m'a permis de présenter au public l'importance pour l'environnement de la saisonnalité des fruits et qu'il était abérrant de vouloir consommer des tomates (sans goût) en hiver. C'est cet esprit de bon sens, de simplicité et de convivialité que je retrouve dans la commission jardin. Ainsi, la nouvelle version de "Jardiner au naturel avec les enfants" fourmille d'idées et de conseils constituant une large approche de ce qu'apporte naturellement un jardin.

    FC : Depuis 2016, l'association organise les Samedis O'Jardin : des matinées où des bénévoles viennent entretenir le jardin de la ferme, accompagnés par des animateurs, et échangent sur le jardinage écologiques. Ces actions sont ouvertes à tous pour encourager les échanges, diffuser des techniques de jardinage et une boîte à outils de choses qui pourraient être reproduites au jardin.

    LB et LLN : A la Maison d'arrêt de Nanterre, nous avons créé un jardin potager. Pour des personnes incarcérées dont le quotidien est rempli d'incertitude, d'attente et de désespoir, conduire une culture jusqu'à sa récolte leur permet de retrouver un pouvoir d'agir et de se réapproprier le temps, et au-delà de leur propre existence. "Combien de temps faut-il pour faire pousser (...) ?". Voilà la question basique et existentielle qui revient le plus fréquemment.

    En savoir plus :

    - Maison de l'environnement de grand Paris Sud

    - www.ferme.ecancourt.fr


    - Ville en Herbes



    Antoine Cassard-Lafon, Claire Michel et Antoine Delalande, bénévoles de la commission Plume





 

Jardiner au Naturel avec les enfants

La commission Jardin, composée de bénévoles spécialistes de l’éducation à l’environnement et du jardinage a rédigé un manuel de jardinage à destination des éducateurs et éducatrices : Jardiner au naturel avec les enfants.

Le manuel propose à toutes celles et tous ceux désirant jardiner avec des enfants l’outil qui les guidera en toute simplicité et leur permettra à la fois de concevoir le jardin de leurs rêves et des activités pédagogiques avec les enfants de tous âges. La spécificité du manuel est qu’il permet à toutes et tous de mettre en place et de faire vivre un jardin 100% naturel !


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Les jardins sur les toits sont-ils exemptés de pollution ?

De l'utilité des potagers sur les toits.

 
Faut-il végétaliser la ville à tout prix, pour le meilleur ou pour le pire ? Les bénéfices sont nombreux : ressources alimentaires de qualité, rétention de l'eau de pluie, recyclage des biodéchets avec stockage du carbone. Point rapide sur le pourquoi et le comment.

Besoin de végétaliser les zones urbaines.

Avec l'extension des villes, les agglomérations grignotent de plus en plus les terres cultivables, à tel point que des pays en viennent à acheter des terres à l'étranger pour produire et exporter vers chez eux. Pourtant, les villes peuvent devenir des lieux de productions non négligeables, notamment si l'on songe que les toits représentent jusqu'à 30% de leurs surfaces horizontales.

Pas si nouveau que ça.



Longtemps, les jardins suspendus ont évoqué les luxuriantes merveilles de la Babylone antique.
Dans notre siècle technoscientifique connecté, la question de la surpopulation et de la pollution urbaine nous interroge : serait-il meilleur de jardiner en hauteur, loin au-dessus des effluves des moteurs thermiques ? Mais pour quels avantages et quelles contraintes ?


Pourquoi prendre de la hauteur.


On a démontré récemment que l’altitude limite beaucoup la pollution atmosphérique, qui par ailleurs touche peu les cultures, surtout à partir de 3e étage. Jardiner sur une éminence citadine donne aussi au terrain plus de chaleur, en particulier la nuit. En altitude, il y a moins d’humidité, donc de maladies cryptogamiques, et encore moins de ravageurs de grande taille comme les lapins et autres sangliers (surtout à Paris !).

Culture low-tech.

Dès 2012, les ingénieurs de l’INRA ont mis au point un substrat de qualité, mélange de bois broyé et de compost, qui s’est avéré meilleur que le terreau du commerce, sans terre végétale, qui se suffit de 20 à 40 cm d’épaisseur. On évite ainsi la pollution des sols, puisque ceux-ci sont choisis et importés. Résultats : des productions égales ou supérieures aux jardins familiaux et proches des maraîchers en agriculture bio de la région..

Des obstacles à franchir.

Les contraintes ne sont pas absentes : le terrain revient plus cher à aménager pour obtenir une bonne l’étanchéité des terrasses, et on doit lutter contre le vent qui peut être destructeur et desséchant, donc bien maîtriser l’arrosage, même si ces types de cultures retiennent 75% des eaux de pluies.
Malgré ces limites, le succès est bien au rendez vous : les potagers urbains, majoritaires en terrasses, augmentent en nombre de 50% chaque année, et la FAO a approuvé ces initiatives qui fournissent des produits sains et participent même à lutter contre le déséquilibre climatique
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Eric Millet,
bénévole de la commission Plume
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