ActuPlume n°3 : février 2018

Retrouvez sur cette page les articles de L'@ctuPlume de février 2018 dans leur intégralité.


YVELINES : UNE MAISON DE L'EAU SORT DE TERRE !

  • La plume a rencontré trois acteurs d'un projet ambitieux impulsé par le Syndicat intercommunal d'assainissement de la région de l'Hautil. Ils nous racontent le cheminement de la future Maison de l’Eau, qui ouvrira prochainement ses portes à Carrières-sous-Poissy.
    Levier formidable des enjeux de transition écologique et de bonnes pratiques en eau et biodiversité, enfants et adultes pourront évoluer dans cet espace d'animation agrémenté d’expositions.





    La Plume : Pouvez-vous vous présenter ?

    Alain Mazagol : Depuis huit ans, je me suis engagé dans la vie associative et me suis présenté aux élections de ma commune, Andrésy. Par ailleurs, je siège en tant que vice-président au conseil de la société mixte Seine et Oise qui a pour mission d’aménager les berges de ces deux cours d’eau. Je suis également premier vice-président du SIARH (Syndicat Intercommunal d’Assainissement de la Région de l’Hautil), syndicat d’assainissement de douze communes, le maire de Poissy en étant le Président.
    Colin Maheu-Gourmelon : Animateur de réseau au Graine IDF je suis chargé d'assister à la maîtrise d’ouvrage le SIARH sur le projet éducatif et scientifique.
    Karine Bouzemarène : Je suis enseignante en maternelle à Maurecourt depuis une dizaine d’années, et participe aux projets classes d’eau depuis 2012.


    La Plume : Quel est votre lien avec la future Maison de l’Eau ? Quel rôle y jouez-vous ?

    AM : Depuis six ans, le projet des classes d’eau porté par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie prend de l’ampleur sur notre territoire : à Andrésy, les classes peuvent visiter l’écluse et la passe à poissons de l’île de Nancy.
    Je m’occupe du suivi du projet avec les équipes du SIARH, l’architecte et les entreprises qui œuvrent sur le chantier.
    CMG : Je travaille en étroite collaboration avec Sandrine Perrault, l’ingénieure coordonnatrice de la réalisation. Je m’occupe des propositions des démarches pédagogiques, l’accueil du public et la mobilisation des acteurs du territoire.
    KB : En tant qu’enseignante, j’espère la fréquenter avec ma classe dans le cadre du projet « classes d’eau ». Je participe au comité technique dans lequel je joue un rôle consultatif pour apporter mon éclairage pédagogique.





    La Plume : En quoi la MDE sera-t-elle un outil phare ?

    AM : La maison de l’eau s’inscrit dans un projet global du territoire où l’ouverture de maisons thématiques à destination des enfants se multiplient (maison des insectes, maison de la pêche). Il est nécessaire de sortir de la classe ; les enfants pourront jouer avec des tuyauteries, comprendre le parcours de l’eau, pourquoi l’eau doit être stockée en hauteur dans les châteaux d’eau... Dans les jardins, les enfants planteront, verront pousser et récolteront les légumes et autres plantes. La mare extérieure permettra d’observer la biodiversité de l’intérieur, par une paroi vitrée.


    La Plume : Quel enjeux pédagogiques la MDE doit-elle poursuivre selon-vous ?

    AM : Démontrer aux enfants l’importance que l’eau a dans la vie, son cycle mais aussi sa valeur. Économiser, récupérer les eaux de pluies pour l’arrosage ou l’alimentation de la mare. Nous avons aussi une éolienne pour le chauffage ainsi que des panneaux solaires.
    KB : L’eau n’est pas une ressource inépuisable ; il faut que les enfants comprennent qu’avant de couler de leur robinet, l’eau a suivi tout un parcours, a été captée, traitée, purifiée et qu’il ne faut pas la gaspiller.




    La Plume : Quels liens partenariaux la MDE devra-t-elle développer avec le territoire selon vous ?

    AM : Nous avons mis en place une classe d’eau d’élus il y a deux ans qui a rassemblé une trentaine de personnes des communes du SIARH. Cette année, nous déployons ce projet au niveau de la communauté urbaine qui comprend soixante-treize communes. La maison de l’eau sera ouverte aux écoles, mais aussi aux entreprises pour des séminaires, des réceptions.
    CMG : Cet équipement sera, dans un premier temps, au service des classes, des centres de loisirs, des enfants en situation de handicap sur le territoire des 11 communes du SIARH.
    KB : En plus des écoles, développer des liens avec les centres de loisirs et même les usagers de la Seine tels que les associations de pêche ou navigants de péniches.

    La Plume : Comment êtes-vous amené à utiliser cet équipement dans le futur ?

    CMG : Ma mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage se termine à la fin de la saison 2018, après le démarrage des activités et le premier bilan de fonctionnement avec des préconisations.
    AM : L’objectif est de faire passer le message au plus grand nombre. Pourquoi ne pas inviter des élus, des maisons de retraite, pour décupler le message à porter ?
    KB : J’y emmènerai ma classe en visite, au moins une demi-journée dans l’année, dans le cadre de la classe d’eau.


    La Plume : Citez-nous une activité ou une idée originale sur cet équipement ?

    AM : La mare, qui permet aux enfants de descendre en dessous de l’eau pour voir ce qui se passe à l’intérieur.
    CM : L’exposition permanente avec sa fresque de vidéos interactives et des manipulations concrètes.
    KB : Je suis très contente que ce projet aboutisse et j’attends avec impatience de pouvoir m’y rendre.



    En savoir plus :

    Découvrez La Maison de l'eau du SIARH





    Alexandra Batic et Eric Millet,
    bénévoles de la commission Plume





 

Une mare...vue par en-dessours

Pour mieux observer la vie aquatique, une vitre est installée en coupe de la mare pédagogique. Ainsi, on voit mieux les dytiques, les batraciens et autres petites bêtes se nourrir, se reposer ou se reproduire. Effet immersion garanti !



Une mare pédagogique est également à découvrir à la Maison de l'environnement de Grand Paris Sud !


La maison de l’eau, tout un programme !

La maison de l’eau associe plusieurs approches pédagogiques : des espaces en extérieur qui permettent une confrontation directe avec la nature : mare, potager, jardin, bords de Seine ; deux salles où les enfants découvrent le « petit cycle de l’eau » de la captation au rejet, en passant par leur robinet.

SAVE THE DATE !

La maison de l’eau sera inaugurée au printemps.

Le programme des animation est quant à lui déjà en ligne !

Réservez vos ateliers !



















LES INSECTES EN ONT MARE !
Jeu de mot typique naturaliste, non assumé par l'auteur



Quand les insectes de l’eau aimeraient bien être davantage dans la lumière.

 
Sous l'eau, douce des mares aux fleuves, des milliers d’espèces d’insectes vivent leur vie. Des prédateurs aux végétariens, des jeunes aux adultes, ils sont plus de 4 200 sortes en France, et beaucoup d’individus. Ils sont accompagnés de quelques cousins arachnides et de pas mal de crustacés.


Qui ? Quoi ? Des moustiques aux papillons...



A priori, on connaît les moustiques et les libellules. Toutes leurs espèces ont des larves, des jeunes, 100% aquatiques. Plusieurs semaines à plusieurs années, ils mangent, marchent, nagent ou respirent sous l’eau. Puis, ils deviennent aériens après une métamorphose hors de l’eau (libellules), ou au ras de l’eau (moustiques).
D’autres sont à rechercher, comme certaines larves de mouches (taons, syrphes, simulie, etc.), des coléoptères (dytiques, hydrophiles, etc.) ou de nombreuses punaises (notonectes, nèpes, corises, etc.).
Connus de certains pêcheurs qui les utilisent comme appâts, les mares accueillent des « porte-bois ». Ce sont des insectes phryganes dont presque toutes les larves se fabriquent un fourreau avec les éléments de leur environnement, ce qui les leste et les camoufle.
Il existe aussi des petits papillons aux chenilles aquatiques, des pyrales, et l’une d’entre elle continue sa vie aquatique lorsqu’elle est femelle adulte (l'Hydrocampe neigeuse).
Les éphémères ont certes une vie d'adulte assez courte (1 à 8 jours environ) mais leurs larves vivent de plusieurs mois à plusieurs années (en montagne surtout). Des mares aux torrents, les variétés surprennent.D’autres enfin sont encore moins connues et se rencontrent aisément lors d’une pêche aquatique non léthale, comme la larve de sialis, insecte méconnu.

 

Comment ?

Côté respiration, les solutions d’adaptations sont nombreuses. Des coléoptères placent des réserves d’air sous leurs élytres, d’autres sur leurs ventres. C’est aussi le cas de punaises dont les poils retiennent l’air. Sous l’eau, on dirait qu’elles ont du mercure sur le ventre (couleur grise argenté de la bulle d’air). Les libellules utilisent des trachéo-branchies sur les « plumes » arrière (demoiselles) ou en faisant circuler de l’eau dans leur corps, par l’arrière (libellules). Ces dernières peuvent expulser cette eau et s’en servir de propulseur lorsqu’elles sont dérangées. A noter le tuba de la punaise nèpe, sorte de long tube situé à l’arrière du corps. Tous, d’ailleurs, respirent avec leur thorax ou leur abdomen, comme les insectes aériens.



Côté locomotion, en plus de la propulsion de la libellule, beaucoup nagent avec leurs pattes en rames (souvent très poilues, ça aide), d’autres se tortillent (larves de moustiques, chironomes, demoiselles, éphémères, etc.) ou marchent au fond, tout simplement.    


Et le sel ?

Les eaux saumâtres des marais de bord de mer accueillent quelques larves de moustiques et de libellules habituées. Sinon, la France est pauvre en insectes aquatiques des mers, royaume de leurs cousins crustacés. Évidemment, en biologie, les exceptions sont nombreuses. Ailleurs, des mouches ont donc évolué jusqu’à vivre dans des lacs très salés, des punaises vivent sous l’eau des bords des mers, etc.


Et ça pique ?

Rarement, oui. Surtout côté punaise avec leur bouche pointue : notonecte, naucore, nèpe, etc.. Comme une petite piqûre de guêpe, mais éphémère. La grosse larve du dytique peut mordre. Mais hormis des très rares surprises inoffensives, passer une épuisette spécial insectes dans l’eau réserve de nombreuses rencontres d’espèces extraterrestres pour qui n’a jamais mis le nez sous l’eau, douce.

Voilà une petite bulle de savant typique naturaliste, à laquelle vous pouvez ajouter poésie, imaginaire, art, outils de vision sans pêcher, baignade, etc.

François Lasserre,
entomologue et coprésident
du Graine Île-de-France

En savoir plus :

Découvrez Les vraies fées de la Nature